KARL LAGERFELD : Le génie disparu

« Karl est mort ». Trois mots laissés en suspens. Pas tout de suite compris. Puis saisis. Dévastateurs. Trois mots écrits par le président du CLD. Trois mots qui ont signé la fin d’une ère de génie pour le monde de la mode. 

Oui Karl Lagerfeld est mort. Vous le savez sans doute tous déjà. Là n’est pas le but d’écrire un énième article concernant ce fameux personnage dont on connaît déjà presque tout. Nous n’avons pas de selfies, photoshoots ou autre défilés à partager sur les réseaux pour célébrer ce génie de la mode. Pas de liens concrets, il est vrai, mais là est la nuance. On se souvient de lui pour son talent, pas d’embrassade, soit, mais des images, des idées, qui nous marqueront à tout jamais. Alors oui, aucun d’entre nous ne l’a jamais vraiment rencontré, mais il a existé en chacun de nous, nous a tous touché par son talent. Ce qui nous lie, c’est son génie, son coup de crayon unique qui a révolutionné l’industrie du luxe. Alors célébrons ensemble cet être à part, un visionnaire qui aura réinventé le chic à la française.

On se souviendra de ses magnifiques shows, d’un luxueux supermarché à une céleste fusée, d’une sublime plage de sable blanc à une manifestation polémique et féministe, l’immuable « Kaiser » a toujours eu le goût du risque et a su se démarquer, devenant une icône mode, idolâtrée ou abhorrée, mais ne laissant jamais indifférent. 

Si lui estimait qu’il ne savait que « dessiner, lire et c’est tout », chacun aura été témoin de son incomparable talent à la tête des maisons Chanel, Fendi ainsi que de sa marque éponyme, mixant avec assurance et élégance modernité et tradition. 

« Karl est mort », il est vrai. Mais son génie reste et continuera d’enrichir et inspirer les grands (et petits) noms de la mode. Les derniers mots ne seront pas les nôtres mais ceux d’une autre inspiration. Sophie Fontanel a trouvé les mots justes, et ils méritent d’être entendus de tous : 

« J’ai quelque chose à dire à vous les petits jeunes, la relève. Grouillez-vous de sortir des normes, grouillez-vous d’oser sortir du lot, grouillez-vous de voir les choses en grand, d’avoir un grand amour qui prend toute la vie, de vouloir la beauté plus que n’importe quoi, de poser des questions au lieu de croire connaître les réponses, grouillez-vous d’être immenses. Parce que le type, là, le type merveilleux qui vient de mourir, il va falloir le remplacer. Pas seulement chez Chanel qui saura s’en sortir (et je pense à leur peine, Seigneur...). Mais il faudra aussi le remplacer dans l’air du temps. Ça dépend de vous maintenant ». 

J.B.

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